EAP_news: Jacques Rogges new President of the CIO

 

 

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Lundi 16 juillet 2001

Jacques Rogge, la force tranquille

Changement de style à la tête du CIO. Le Belge Jacques Rogge, chirurgien orthopédique, possède la force tranquille et le regard clair des gens du Nord. Avec ses manières policées et sa réputation de «Monsieur Propre», il est celui qui a promis de rendre un visage humain à l'olympisme, en le purgeant de ses excès: argent, corruption, dopage.

Cet ancien champion de voile et passionné de rugby est le dernier arrivé au CIO des cinq qui prétendaient à la succession du flamboyant roi Samaranch. Il n'y est que depuis 1991 mais, grâce notamment à son poste de président des Comités olympiques européens (depuis 1990), son ascension au coeur de la «machine» CIO a été rapide, en ligne droite et sans accroc.

Un incorruptible
Membre de la toute-puissante commission exécutive depuis 1998, il y occupe des charges de prestige, président de la commission de coordination des JO de Sydney 2000, puis de ceux d'Athènes de 2004. Surtout, Jacques Rogge est passé au travers des récents scandales qui ont poussé vers la sortie dix de ses collègues. Tandis que certains recevaient argent liquide, cadeaux somptueux et faveurs venus de Salt Lake City, l'homme du Plat pays restait incorruptible.

Le résultat des deux tours

Premier tour
(Majorité requise: 54 voix)
Jacques Rogge (Belgique) 46
Kim Un-yong (Corée du Sud) 21
Dick Pound (Canada) 20
Pal Schmitt (Hongrie) 11
Anita DeFrantz (Etats-Unis) 9 (éliminée)

Deuxième tour
(Majorité requise: 56 voix)
Rogge 59
Kim 23
Pound 22
Schmitt 6

Membre de la commission d'enquête sur la corruption de Salt Lake City, et de celle sur les réformes du CIO, sa réputation de rigueur et d'honnêteté n'est donc plus à faire. D'autant que celui qui considère que le dopage est l'ennemi numéro un du sport est aussi membre du comité exécutif de l'Agence mondiale anti-dopage.

Pas vraiment charismatique, à la différence de Juan Antonio Samaranch, ce Flamand de 59 ans à la haute stature, élégant et distingué, distille cependant une séduction discrète. Ses manières courtoises et diplomatiques font bonne impression, même si sa poigne est ferme et sait se faire politique: si les Jeux de Sydney ont été un succès, c'est en grande partie à lui que le CIO le doit.

Perfectionniste habile à régler les problèmes, il est aussi celui qui a remis l'organisation des JO 2004 d'Athènes sur la bonne voie après un départ désastreux. Atout supplémentaire, la multiculture et le multilinguisme qu'il revendique: de père flamand et mère wallonne, il parle donc flamand et français, mais aussi, tout aussi couramment, anglais, espagnol et allemand.

Aucun salaire

Il explique que sa carrière chirurgicale lui a appris le sens des responsabilités, l'humilité et le flegme. Mais il devra abandonner sa pratique chirurgicale pour s'installer sur les terres du CIO, à Lausanne en Suisse. Là, en tant que président du CIO, il restera bénévole, sans salaire, car cela va à l'encontre de ses convictions...

L'enfance du président Rogge, né à Deinze, s'est déroulée dans la cité médiévale flamande de Gand. Sur les rives de la Mer du Nord, c'est là qu'il apprit, dès l'âge de trois ans, à faire de la voile. Seize fois champion de voile de Belgique et champion du monde, il participa en voile classe Finn aux Jeux olympiques de Mexico en 1968, Munich en 1972 et Montréal en 1976. Il fut aussi international de rugby.

Sa carrière d'administrateur sportif débuta à 34 ans, représentant des athlètes au Comité olympique belge. Chef de la délégation nationale aux Jeux de Moscou en 1980, il ne cèda pas à la pression américaine appelant au boycott pour cause d'invasion soviétique en Afghanistan et résista aux menaces, à l'influence gouvernementale et au mécontentement public.

Des JO à taille humaine
Fort de son expérience, il a fait campagne pour que les JO reprennent taille humaine: «trop gros, trop chers, trop sophistiqués», ils coûtent tellement d'argent que seuls les pays et les villes les plus riches sont en mesure de les organiser. Jacques Rogge veut changer cela.

Il estime aussi que les réformes engagées après le scandale de Salt Lake City devraient être remises à plat après les Jeux d'hiver de 2002, pour voir si elles sont efficaces. Devraient également être réexaminées les visites des membres du CIO dans les villes-candidats...

Vice-président de la Commission médicale du CIO, le médecin et l'ancien athlète en lui se préoccupent aussi de la «matière première» de l'olympisme: les sportifs ne sont pas des machines, il faut veiller, au-delà des questions de dopage, à éviter le surentraînement.

Et, pendant la campagne électorale, tandis que son rival sud-Coréen Kim Un-yong se débattait dans les accusations de corruption, Jacques Rogge, lui, rencontrait tranquillement les 110 membres du distingué aréopage, fort du soutien inconditionnel des Européens. Il a désormais huit ans -au moins- pour tourner la lourde page Samaranch et insuffler un sang neuf au CIO.

Erica Bulman AP


En savoir plus :
> CIO Le site du Comité international olympique
> Le CIO en détail Les présidents, la commission, le comité exécutif du CIO
> Jacques Rogge La biographie officielle de Jacques Rogge sur le site du CIO
> Dick Pound La biographie officielle de Richard W. (Dick) Pound sur le site du CIO
> Kim Un Yong La biographie officielle de Kim Un Yong sur le site du CIO
> Anita DeFrantz La biographie officielle d'Anita DeFrantz sur le site du CIO
> Pal Schmitt La biographie officielle de Pal Schmitt sur le site du CIO
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